Le projet

Ouvrir la pratique du théâtre à une plus grande diversité sociale et lutter contre l’exclusion 

Parce que « partager les scènes de théâtre » passe par la possibilité pour de jeunes gens, quelles que soient leurs origines et leurs moyens financiers, de se former, l’ESACT - Conservatoire royal de Liège initie un programme d’enseignement et d’accompagnement, en dialogue avec l’ensemble des Formations d’acteur.rice.s de la Fédération Wallonie-Bruxelles, des lieux culturels et un large tissu associatif. 

Le programme permet à des Jeunes de 17 à 26 ans de découvrir le métier d’acteur.rice. En défendant l’égalité d’accès à cette profession et la diversité sociale, culturelle et géographique, le dispositif, tout en s’attachant à fournir à toutes et tous des fondamentaux tant en matière de culture générale et artistique que de pratique théâtrale, s’adapte aux besoins et désirs de chacun.e.

L’année préparatoire est gratuite et permet aux étudiant.e.s qui le nécessitent, de bénéficier d'une aide financière (allocation d’étude).

L’un des objectifs principaux est de faire connaître la pratique des arts vivants et les scènes de théâtre à des Jeunes qui n’en avaient pas connaissance, du fait de leurs capitaux sociaux, d’élargir donc le bassin des recrutements. 

La Classe Prépa Théâtre, c’est aussi une moyen de s’interroger collectivement : qui est admis dans les écoles d’art dramatique ? Et surtout qui n’est pas admis ? Qui est laissé de côté ? Et l’on sait qu’ils et elles sont nombreuses aussi à ne pas même se présenter parce qu’ils.elles en ignorent l’existence, ou parce qu’ils et elles pensent que ce n’est pas pour eux.elles. 

Quelles sont les « voix absentes » ? Quels sont les « corps absents » ? Quelles sont les « histoires absentes » ? Par qui sont portés, représentés, les grands récits fondateurs ?

Articulé en deux temps de travail et de rencontre, indépendants l’un de l’autre Les Stages Profession Acteur.rice d’1 semaine et/ou La Classe Prépa Théâtre pour se préparer une année durant à l’entrée dans une des écoles supérieures de la Fédération Wallonie-Bruxelles - nous activons des leviers pour que les scènes de théâtre se fassent davantage le reflet de notre société mixte (en lutte contre les inégalités sociales) et pluri-culturelle (qui s’inspire de plusieurs cultures). 


« Il y a peu d'opportunité aujourd'hui pour rencontrer des gens qui ne nous ressemblent pas : des gens de milieux, de classes sociales, de culture, d'histoires de vie différentes. Je crois que nos lieux (de théâtre) sont des lieux où l'on doit pouvoir partager des émotions, des pensées, des réflexions et, en ce sens, contribuer à la question démocratique. C'est l'idée simple et qui date des Grecs, selon laquelle le théâtre est un endroit où la société se représente, et s'interroge sur elle-même et sur cette représentation des artistes. »
Hortense Archambault


« Et si on nous laissait décider de ce que l'on veut dire ? 
Et si on arrêtait de demander aux femmes de parler de féminisme, aux personnes noires de parler de l'esclavage, aux Arabes, de la guerre d'Algérie ? 
(...) Je demande le droit de ne pas parler de la couleur de ma peau.
D'en parler si je veux. 
(...) Je demande que mon corps et mon histoire m'appartiennent et que j'en dispose comme je l'entends. 
Je demande de parler en mon nom, et rien qu'en mon nom, pas au nom d'un groupe ou d'une communauté. 
Je demande le droit de ne pas courir après la maladie contemporaine de “l'identité”. 
J'ai trop lutté contre ceux qui voulaient me mettre dans une case pour à mon tour m'y mettre moi-même, à la faveur de l'esprit du temps (…) »
Yacine Sif El Islam, acteur et metteur en scène